QUELS SONT LES ENJEUX ? OU EN EST LA PLANETE ?
Comme vous le savez, tous les voyants sont au rouge.
Quantités d’organismes officiels français ou européens et de multiples scientifiques indépendants ont publié des rapports sur le climat à l’horizon 2050, sur la biodiversité, l’accès à l’eau potable, la productivité agricole… Il en ressort des informations inquiétantes montrant que nos modes de vie actuels ne sont pas soutenables.
Par exemples :
- Dérèglement climatique : la météo à Paris sera en 2050 comme à Canberra aujourd’hui avec des pics de température à 54°C
- Les villes de l’hémisphère nord ressembleront à celles qui se trouvent aujourd’hui 1.000 km plus au sud (scénario optimiste avec un réchauffement de +1,4° ; scénario probable : +2°)
- Un rapport du gouvernement français de juin 2019 et une étude récente (2020) de l’Agence Européenne de l’Environnementle confirme : « Le proche avenir du pays, d’ici à 2050, est pour l’essentiel déjà écrit ». Ils évoquent des sécheresses sévères, un assèchement des nappes phréatiques des pluies torrentielles, des épisodes de sécheresse, des feux de forêt, des submersions côtières. Un « choc climatique inévitable » qui se profile à l’horizon 2050 avec un simple constat : « la France n’est pas prête à les affronter »
- A noter : il y a un délai d’environ 40 ans entre les émissions des GES (Gaz à Effet de Serre) et leurs impacts sur le climat. Nous subissons actuellement les émissions des années 1980. Nos émissions actuelles auront un impact en 2060
- Biodiversité & Vivant : c’est le début de la sixième extinction massive
- En 30 ans, 80 % des insectes et 421 millions d’oiseaux ont disparu en Europe, la mortalité des abeilles à la fin de l’hiver est passé de 4% à 30% et même à 60 ou 90% en 2018
- 60% de la faune mondiale a disparu en 45 ans
- La question de l’accès à l’eau va devenir cruciale
- Selon un rapport de l’ONU de 2017 si rien ne change, la planète devrait faire face à un déficit global en eau de 40% d’ici à 2030
- Artificialisation des terres : une disparition massive du foncier agricole en France qui interroge sur l’indépendance alimentaire française et européenne
- 1 département entier disparait tous les 7 ans, soit 1 stade de football toutes les 5 minutes, ou 1 potager de 25 m2 toutes les secondes
- La terre devient un enjeu stratégique à l’heure où la demande alimentaire mondiale ne cesse d’augmenter. Pourtant, l’espace agricole en France diminue sans discontinuer, en raison la pression de l’urbanisation. L’artificialisation se porte majoritairement sur les meilleurs sols, avec une pression forte le long du littoral, autour des grandes agglomérations et des axes de communication
- Productivité agricole : vers un déclin de la production en Europe d’ici dix ans
- Un rapport de l’OCDE et de la FAO « Perspectives agricoles 2018-2027 » pointe un « déclin » attendu de la production agricole en Europe occidentale. En cause : d’abord le dérèglement climatique avec une combinaison de périodes de forte chaleur et de pénurie d’eau. Mais aussi l’appauvrissement des terres à cause de leur surexploitation
- Une logistique lourde et seulement 3 jours d’autonomie alimentaire à Paris
- En Île-de-France, 90% des produits alimentaires consommés sont importés de l’extérieur de l’IdF, bien que 49% des territoires soient voués à l’agriculture.
La situation est donc critique dans tous les domaines de l’écologie. Nos décideurs au niveau national et international tardent aujourd’hui encore à agir à la hauteur des enjeux. C’est donc au niveau local que nous devons agir car nous le pouvons si nous le voulons. L’heure est aux actions d’adaptation à des évolutions probablement majeures de nos modes de vie, en visant le plus haut niveau d’autonomie alimentaire et d’accès à l’eau, et en réapprenant à vivre au plus près de la nature et de ses exigences.
Des actions très fortes sont donc attendues pour la sensibilisation, la formation, la sauvegarde des terres, la production agricole locale, la restructuration des trames vertes, bleues et noires.
Nous vous proposons des mesures qui peuvent être mises en œuvre à Rungis et qui sont atteignables pour la plupart dans le cadre d’un 1er mandat. Ces engagements demandés s’appuient sur les mesures #06, #07, #08 et #10 du site pacte-transition.org.
DOMAINE D’INTERVENTION #1 : PILOTAGE & BUDGET
La transition écologique requiert de nombreuses actions dans de multiples domaines. La nomination d’un animateur / coordinateur est indispensable.
Actions demandées
- Nommer un responsable Transition Ecologique
- Il animera, coordonnera les actions relatives à ce thème
- Il pilotera les études, le plan d’action et les mises en œuvre
- Dans le cadre de la concertation, il sera l’interlocuteur privilégié sur ce thème
- Mettre en place un budget adapté aux exigences listées
DOMAINE D’INTERVENTION #2 : SENSIBILISATION & FORMATION DE LA POPULATION AUX NOUVEAUX ENJEUX
Définir et mettre en œuvre un plan de sensibilisation de la population aux enjeux de l’écologie à l’échelle locale. Chacun(e) doit comprendre comment il (elle) peut intervenir et faire évoluer ses comportements. Mêler gravité des enjeux et joie des retrouvailles avec la nature.
Actions demandées
- Sensibiliser la population aux enjeux
- Conférences par des sachants
- Sensibiliser à l’impact de l’humain sur la nature
- Restauration collective : sensibiliser à une alimentation biologique, locale, équitable et moins carnée en proposant 1 alternative repas végétarien par semaine
- Restauration collective : former le personnel concerné à l’introduction de produits bio locaux, à la diversification des protéines et aux démarches de réduction du gaspillage alimentaire
- Restauration scolaire: organiser des ateliers sur la provenance des aliments consommés par les enfants, sur l’impact environnemental de leur assiette, organiser des visites des sites de production locaux
- Les déchets : sensibiliser au compostage des déchets biodégradables : une trop grande part va encore à l’incinération. A la fin du mandat, tous les déchets biodégradables doivent avoir disparu de l’incinération. Pour cela il est nécessaire de
- Aider les copropriétés à lever les obstacles de mise en place de compostage dans leur résidence.
- Mettre en place un lieu de compostage municipal accessible aux particuliers dans l’impossibilité de gérer un compost personnel, accessible aussi aux occupants des résidences qui ne peuvent pas le faire en interne après étude de toutes les solutions.
- Partager les savoir-faire
- Généraliser les jardins pédagogiques à toutes les classes des écoles et collèges
- Favoriser la multiplication des jardins potagers, en biologique ou en permaculture
- Créer une ferme pédagogique (avec extension ultérieure possible pour la création d’une ferme communale)
- Développer des ruchers-écoles
- Nature & loisirs: pour un rapprochement ludique avec la nature
- Création de zones de promenades en continu entre la colline Cacao, le château de Montjean, et Fresnes.
- Extension du parc de la Colline Cacao
- Animations : fête de la nature, (ré-)apprendre à faire des cabanes, redécouvrir comment se nourrir de plantes sauvages, allumer un feu de camp…
- Inciter à la mobilité douce (voir sujet dédié)
- Inciter aux déplacements à pied ou à vélo
DOMAINE D’INTERVENTION #3 : PRESERVATION DU VIVANT & DE LA BIODIVERSITE
La préservation et le développement des trames vertes (couvert végétal), bleues (cycles de l’eau), et noires (éclairage) contribuera à redonner sa place au vivant sur le territoire.
- Retravailler la trame verte permettra l’amélioration de la qualité de l’air, la diminution des ilots de chaleur, une meilleure résistance aux inondations, la préservation de la diversité biologique
- Retravailler la trame bleue permettra le rétablissement des microclimats et d’une meilleure gestion de l’eau.
- Retravailler la trame noire permettra d’éviter la pollution lumineuse qui tue chaque nuit en France l’été, plus d’1 milliard d’insectes et désoriente de nombreux oiseaux.
Actions demandées
- Etablir un diagnostic de la biodiversité sur le territoire de Rungis, y compris ICADE et le MIN
- Faune et flore, oiseaux, abeilles, insectes…
- Identifier toutes les « zones délaissées » et étudier leur potentiel pour la biodiversité
- Retravailler la Trame Verte
- Planter des haies sur la plaine de Montjean pour accueillir les oiseaux
- Intégrer dans le PLU la création de haies au lieu de clôtures en dur dans les jardins. Garder des passages pour les hérissons et autres petits animaux
- Prévoir des passages sous les routes pour les crapauds accoucheurs à proximité du château de Montjean
- Végétaliser de nouveaux lieux (toitures, murs et abords de bâtiments communaux, terrains délaissés, etc.)
- Planter des arbres de toutes espèces en privilégiant celles capables de résister au réchauffement climatique
- Planter des arbres fruitiers sur tout le territoire de Rungis, aux endroits le permettant, en lieu et place d’arbres d’ornement
- Confirmer l’interdiction de l’usage des pesticides par les services de la mairie
- Retravailler la Trame Bleue
- Poursuivre le travail sur l’écosystème des zones humides de Montjean (Ru de Rungis) en y injectant une partie des eaux coulant en quantité sur le territoire, au niveau du MIN.
- Préserver le Ru existant de Rungis (et dans la mesure du possible remettre en surface la partie enfouie)
- Etendre la zone humide sur la plaine, créer de nouvelles mares en récupérant l’eau de qualité au niveau du MIN, déversée actuellement dans les égouts
- Désimperméabiliser les sols des cours d’écoles, espaces de jeu, parkings, places publiques, au pied des arbres permettant la diminution de la chaleur ambiante et meilleure absorption de l’eau de pluie
- Poursuivre le travail sur l’écosystème des zones humides de Montjean (Ru de Rungis) en y injectant une partie des eaux coulant en quantité sur le territoire, au niveau du MIN.
- Retravailler la Trame Noire
- Faire respecter la législation sur l’éclairage en s’assurant que les enseignes commerciales et les bureaux éteignent leur éclairage la nuit, y compris coté ICADE
- Diminuer l’éclairage de nuit dans les rues de Rungis sur une période aussi longue que possible (crucial pour de nombreuses espèces animales)
DOMAINE D’INTERVENTION #4 : AUTONOMIE ALIMENTAIRE & ACCES A L’EAU
Sur la plaine de Montjean, 40 hectares de foncier agricole sont aujourd’hui confirmés pour du maraichage bio et en partie protégés par l’AEV. Un projet de permaculture sur un ½ ha est déjà lancé. Avec les communes de Wissous et Fresnes c’est un territoire de 200 ha qui peuvent être consacrés à l’agriculture représentant une richesse fantastique pour l’avenir de ces communes.
L’eau disponible actuellement au niveau du MIN de Rungis peut contribuer au développement agricole.
Rungis a donc des atouts rares. Il ne lui manque que la volonté des futurs élus.
La municipalité actuelle a malheureusement lancé un programme d’urbanisation de 900 logements sur 10 ha de cette plaine en 2 phases contribuant à l’artificialisation des sols, ainsi qu’à l’augmentation des besoins et à la diminution des capacités de production agricole. Cela nous éloigne de l’objectif d’autonomie alimentaire.
Actions demandées
- Etablir un diagnostic et mettre un œuvre plan pour tendre vers l’autonomie alimentaire
- Identifier toutes les « zones délaissées » et étudier leur potentiel agricole (potagers…)
- Définir les besoins en eau dans le cadre du développement du maraichage et des potagers
- Arrêter toute nouvelle artificialisation des terres
- Faire annuler la construction de la Phase 2 sur la plaine de Montjean. S’assurer que les constructions de la Phase 1 de Montjean respectent les objectifs d’un agro-quartier
- Interdire toute nouvelle artificialisation du foncier agricole ou naturel
- Sécuriser l’existant de la plaine Montjean en liaison avec l’AEV, en classant les terres agricoles restantes à Rungis en espaces verts ou agricole sur le PLU
- Gérer avec l’AEV les terrains agricoles en culture, en constituant une stratégie foncière territoriale qui associe les organisations professionnelles agricoles, écologiques et les associations et citoyens rungissois
- Mettre en place de circuits courts pour l’approvisionnement des cantines et de la population
- Participer et soutenir l’installation d’agriculteurs ou maraichers (bio de préférence) et fédérer les acteurs de l’accompagnement sur le territoire
- Aider à la mise en place de maraichage bio
- Développer les jardins potagers
- Développer les ruches
- Créer un espace Cueillette avec arbres fruitiers, légumes etc.
- Améliorer de notre autonomie en eau
- Récupérer l’eau de pluie sur les bâtiments communaux et inciter les habitants à faire de même, pour l’arrosage des parcs et jardins
- Utiliser les eaux au niveau du MIN pour l’agriculture sur la plaine de Montjean